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20 gestes techniques indispensables de manipulation des poules.

Admin | Publié le mar 8 Aoû 2023 - 13:07 | 3556 Vues

Vous trouverez ici quelques gestes simples pour manipuler, attraper ou porter une poule au quotidien. Vous allez sûrement vous dire qu'attraper une poule... vous savez faire, et je n'en doute pas.

Certaines manipulations sont plus compliquées. Savez-vous estimer l'état d'une poule à l'examen du bréchet ? Déceler un état de déshydratation en effectuant une ouverture de bec ? Renverser une poule sans l'étouffer ? Ça peut pourtant s'avérer utile... ;-)


Tout éleveur doit maîtriser parfaitement la plupart de ces gestes puisque tout éleveur aura à les pratiquer un jour ou l'autre, pour vérifier l'état de santé d'une poule ou tout simplement... la sauver.



1. La base de la base

D'une manière générale, les poules sont peureuses et paniquent facilement. Le premier geste sera une attitude : elle consistera à être calme et à les rassurer à chaque fois que vous êtes avec elles : donc, ne pas courir, ne pas crier, ne pas gesticuler, et bien entendu, ne pas agiter de bâton devant elles.



Si vous êtes toujours calmes, elles n'auront pas peur, mais souvenez-vous qu'elles ont de la mémoire : une poule que vous effrayez vous considérera comme une menace et s'enfuira toujours en vous voyant. Les poules étant assez têtues, il faudra beaucoup de temps pour qu'elle vous fasse confiance de nouveau :-)


Au passage, sachez qu'une poule n'a aucune notion du bien, du mal, ou de la faute. Vouloir "punir" une poule n'aura aucun effet, cela ne la "dressera" pas. Elle sera juste effrayée par votre comportement qu'elle ne comprendra pas. Donc, elle vous fuira toujours. Ce qu'elle attend de vous, c'est que vous la protégiez.



2. attraper une poule.



Comme on vient de le voir, votre comportement va influer sur le résultat de ce geste très simple qui peut très vite devenir une aventure épique. Pour attraper une poule laissez-la venir à vous et ne courrez pas après. Vous pouvez l'attirer avec une gourmandise, profiter d'un angle du poulailler, ou la saisir pendant quelle regarde ailleurs. Certains approchent par-derrière pour les surprendre, mais vous risquez surtout de leur faire peur.

Les méthodes utilisant des bâtons pour les diriger ou des filets pour les attraper ne témoignent que d'une chose : l'échec d'avoir réussi à établir une relation de confiance avec vos poulettes. Vous aurez l'assurance que la poule, en vous voyant à l'avenir, comprendra que vos intentions ne sont pas amicales. Soyez calmes, patients et n'effrayez pas vos poulettes.


3. Porter une poule

Une fois attrapée, maintenez les deux ailes fermement avec les mains. Une poule de 3 ou 4 kg a suffisamment de force pour se dégager si on ne la maintient pas correctement. Vous garderez une distance prudente entre son bec et votre visage au cas ou l'idée de vous piquer lui prendrait (c'est rare, mais ça peut arriver). Une fois maintenue, vous pouvez porter une poule comme vous le souhaitez, sous un bras, en nid entre les bras... tant que ses ailes sont bien serrées, elle ne se dégagera pas.

4. Relâcher une poule après l'avoir porté.

Après avoir porté une poulette ne la relâchez pas brutalement : en la lançant pour qu'elle s'envole, ou en la lâchant de votre hauteur sur le sol. Vous lui donneriez un comportement "de fuite", consécutif à un danger ou à une peur. Posez-la doucement sur le sol, près d'une mangeoire ou sur un perchoir, et quand ses pattes sont bien stables, relâchez la pression sur les ailes. Elle partira tranquillement reprendre ses occupations.

Ci-dessus, cette très bonne position consiste à maintenir la poule tout en lui gardant les pattes posées sur les mains. C'est une position confortable pour la poule qui sera donc plus détendue.


5. Manipuler une poule pour un soin ou un examen.

Pour examiner une poule tranquillement, vous devrez avoir une position assise, sur un banc, une chaise ou "à genou" au sol. Il est en général préférable d'être hors du poulailler, car ses copines curieuses viendront vous déranger pendant les soins. Vous pourrez utiliser vos jambes pour la maintenir, en serrant les ailes entre vos cuisses et examiner le plumage, dos, cou ou la tête de la poule.



Pour un examen ou un soin ventral, des pattes, du cloaque etc... vous la basculerez sur le coté (photo ci-dessus). Une poule ne doit jamais être posée sur le dos, "les pattes en l'air". Le poids de ses organes compresserait le cœur et les poumons:  vous l'étoufferiez.

Une fois la poule placée sur le coté ou de 3/4, vous pouvez la caler sur vos jambes en appuyant simplement d'une main sur l'aile pour avoir l'autre main de libre. C'est la raison pour laquelle un soin doit toujours être parfaitement préparé : pour avoir tout le matériel disponible à portée. Utilisez un plateau, posez tout le nécessaire dessus, prêt à l'emploi. Si vous aurez besoin de sparadrap, il sera déjà découpé, vous aurez ouvert le bouchon d'un flacon, ouvert un emballage... etc.

 

Quand vous aurez immobilisé la poule de cette manière, vous pourrez dégager de temps en temps la main qui la maintient en bloquant l'aile de la poule avec l'avant-bras (juste avant le coude). Si elle commence à s'impatienter... remettez la main sur elle pendant quelques secondes, le temps qu'elle se calme.



Il est toujours préférable d'habituer vos poules à être examinées et manipulées. D'abord parce qu'une petite vérification (pattes, plumage, cloaque, tête...) est toujours utile, mais aussi parce qu'elles seront bien plus calmes si elles en ont l'habitude.

Pour les poules très agitées de nature, on peut cacher la tête sous un linge ou dans une chaussette pour lui donner une illusion d'obscurité qui l'apaisera. Si votre poule est stressée (parce que vous lui avez couru après) autant reporter le soin ou l'examen quand elle sera plus calme.

Certaines opérations ne peuvent se faire qu'à deux, pour avoir deux mains de libres, ou parce que vous savez qu'elle pourra être douloureuse ou parce qu'elle peut être dangereuse si la poule se débat, quand vous manipulez un scalpel par exemple. L'un des soigneurs maintiendra la poule en tenant très fermement les ailes et en veillant à ce que le cou soit toujours bien protégé : une poule se débattant peut se rompre toute seule les cervicales et mourir sur le coup.


6. L'Examen de la gorge.



L'ouverture du bec est assez simple. Une fois fermement maintenue et immobilisée, vous passez la main derrière le cou et pincez délicatement les commissures du bec qui s'ouvrira tout seul. Une poule calme, apathique ou habituée ne posera aucun problème. Une poule réticente en pleine santé aura tendant à bondir, à déployer le cou ou à lever brusquement la tête : en général, vous aurez le visage juste devant le bec... autant dire que vous devez nécessairement veiller à ce qu'elle soit bien maintenue et être vigilant à ces mouvements prévisibles.

La manipulation "d'ouverture du bec" est quasiment incontournable. Vous devrez forcément un jour ou l'autre intervenir : en cas d'étouffement, pour vérifier un problème de gorge, de toux, de sifflement dans la respiration, de chuintement ou pour nourrir et abreuver une poule immobilisée. Vous devez être entraîné(e) à cet exercice, ce sera l'occasion de pratiquer un examen de santé régulier de vos poules (environ 2 fois par mois). Pratiquer un examen : Examen de routine, ici.


L'examen de la gorge proprement dit est très rapide, et assez facile, dès que vous maîtrisez l'ouverture du bec. Utilisez une petite lampe, ou mieux un otoscope(photo ci-dessus). Le faisceau doit être concentré pour bien y voir : vous vérifierez qu'il n'y a ni corps étranger (herbe coincée, branchette, os...), ni taches blanches ou jaunâtres, ni "filets de salive" dans la gorge ou quand vous lui ouvrez le bec (les fausses membranes). La muqueuse doit être humide et colorée.


Vous relèverez également à cette occasion s'il n'y a pas de mauvaise odeur sortant du bec. Ceci peut être un signe d'une alimentation fermentée dans le jabot : un problème digestif, des champignons, un jabot bouché etc.



Ce simple examen et la maîtrise de l'ouverture du bec pourra bien souvent sauver la vie de vos poules... je vous conseille donc de vous y exercer.


7. Le nourrissage au bec.

De nombreuses pathologies très courantes peuvent invalider vos poules au point de les rendre incapables de s'alimenter ou de boire seules. Avant d'apprendre à poser une perfusion correctement, on va commencer par voir comment la nourrir ou l'abreuver artificiellement.


La priorité dans ce cas est l'hydratation. Il existe deux méthodes. La plus simple : le goutte-à-goutte au bord du bec, et la plus risquée, la pipette dans la gorge. J'ai dit risquée, mais j'aurais pu autant dire dangereuse si on s'y prend mal, c'était juste pour pas vous effrayer :-)

 
Le nourrissage ou l'hydratation à la seringue, qui au final sont la même chose, comportent le risque majeur de "fausse route". On va donc déjà voir comment se présente l'anatomie de la gorge (ci-dessus). Au centre se trouve la trachée qui va alimenter les poumons en air. Au fond, sur la gauche se trouve l'entrée du tube digestif. Si vous faites entrer de l'eau dans les poumons, cette "fausse route" entraînera une respiration avec un bruit de "glou glou", un fort risque d'étouffement et de mort.

 

Vous procéderez donc de préférence au goutte-à-goutte au bord du bec. Cette technique est très lente mais plus sûre : on fait passer quelques gouttes à la seringue (ou avec un coton imbibé d'eau si vous n'en avez pas) sur le coté ou le devant du bec, on arrête, la poule déglutit et avale d'elle-même le liquide ou l'aliment (en général, jaune d'œuf ou autre aliment liquide).

 

Dans certains cas, la poule ne déglutit plus ou son état nécessite de plus grandes quantités d'eau pour limiter sa déshydratation. Le goutte-à-goutte sera alors insuffisant et il faudra passer a l'ingestion directe.

Il faudra alors insérer une petite seringue d'1ml dans le bec (comme sur l'image ci-dessus) et la faire boire très doucement, 0.2 ou 0.3 ml, puis lui laisser reprendre son souffle et recommencer. Une poule pourra ainsi boire 20, 30, parfois 50 ml par jour, non pas d'un coup, mais en lui donnant ces petites quantités très fréquemment, toutes les heures ou toutes les 2 heures.


8. Massage suite à un étouffement.


Il peut arriver qu'une poule ait soudainement une respiration sifflante ou chuintante (sans éternuer). Avant de se précipiter sur les antibiotiques, vous pouvez suspecter fortement un début d'étouffement : en général, une herbe trop longue.

Commencez par faire un examen du bec : ouverture du bec + otoscope (ou lampe) pour vérifier si quelque chose de coincé est visible. Si c'est le cas, retirez-le délicatement à la pince à épiler. Dans certains cas, il n'y a rien à voir : une poule peut aussi faire une fausse route, avoir du mal à avaler un morceau de feuille... etc. Il faudra donc faire un massage de la trachée.

Il suffit de tenir la poule sous un bras et de masser le dessous de la gorge doucement en remontant vers le bec. Caressez la poule pour la rassurer, et remonter le long du cou entre le pouce et l'index pendant 3 ou 4mn, puis laissez respirer la poule pour voir si le bruit de chuintement s'améliore.

Évitez de la faire boire à la seringue pendant ou après un étouffement pour ne pas aggraver les choses. Vous pouvez en revanche lui donner une coupelle d'eau avec du miel où elle boira seule si elle en a envie et/ou un peu de yaourt ou de mie de pain détrempée pour faire passer.


9. Technique de régurgitation due à un jabot bouché.

Le fonctionnement du jabot est très simple, la poule avale, le remplit, puis la nourriture est broyée et ensuite digérée. Le soir, une poule a le jabot plein (donc assez volumineux, on peut sentir les aliments à l'intérieur), la nuit elle va digérer ces aliments. Le lendemain matin, il sera plat et vide


Quand le jabot n'a pas été vidé durant la nuit, la poule est prostrée et apathique, crête tombante et sans appétit : elle est malade.


Commencez par mettre votre poule à la diète de tout aliment sec. Vérifiez si le jabot est dur et gonflé le matin, si c'est le cas, il peut alors être utile de la faire régurgiter, au cas ou le jabot serait juste bouché.



La régurgitation est quasiment la même manipulation que pour un étouffement.


On peut faire boire un peu d'eau à la seringue avec quelques gouttes d'huile d'olive pour lubrifier, puis masser cette fois le jabot et le cou en remontant vers le bec. Le massage n'est pas douloureux, mais le vomissement l'est pour la poule. S'il faut le faire, faites-le, mais ne faites pas régurgiter la poule sans raison, ou de manières répétées trop souvent.


Après ces manipulations, donnez à boire à la poule, pour faire passer, et si possible un aliment mou, facile à ingurgiter qu'elle apprécie : un peu de riz, de la mie de pain humide, du yaourt avec un peu de miel. L'équivalent d'une cuillère à café suffira à lui adoucir la gorge.

 

10. Peser une poule

La manipulation est extrêmement facile :

Bravo, vous avez un suivi de santé qui permettra de mesurer : 1- une perte de poids soudaine (donc une maladie) 2- de connaître le poids de vos poules pour d'éventuels traitements préventifs ou curatifs.(les posologies sont souvent indiquées en ml ou gramme par kg).


Je vous conseille de toujours connaître le poids de toutes vos poules en pleine santé. Si l'une d'elles tombe malade pesez-la dès le début pour voir où elle en est, puis très régulièrement (1 à 2 fois par jour) pour suivre son état de déshydratation.


*Si vous vous pesez trois fois, c'est juste parce que les pèse-personnes classiques sont assez imprécis (+/- 100g), et ont des variations selon l'endroit où on se positionne sur le plateau. En répétant l'opération vous éviterez une trop grande marge dans vos mesures, mais elles ne seront "au mieux" qu'à +/-100g.


11. Effectuer un test du bréchet pour évaluer la masse corporelle d'une poule

La palpation du bréchet est un geste que tout vétérinaire pratique sans que vous ne vous en rendiez compte, non pas pour connaître son poids, mais pour savoir si son poids est normal, plus important ou plus faible que ce qu'il devrait être.

 
On va donc commencer à situer le bréchet dans l'anatomie de votre poulette. : c'est l'os ventral qui se trouve sous le cou de la poule et qui retient les muscles pectoraux. Vous allez prendre la poule sous un bras, et de l'autre main descendre sous l'axe du cou vous sentirez facilement un os qui sépare la droite et la gauche du ventre comme une montagne, c'est le bréchet qu'on appelle aussi : la crête sternale.


Palpez juste pendant deux ou trois secondes pour sentir sa forme. Si elle est creuse et sans muscles, la poule est maigre, ou encore très jeune. Si de chaque coté vous sentez les muscles, c'est une poule adulte de poids normal. Si ces muscles sont gonflés et proéminents de part et d'autre, la poule est trop grasse.



Comment lire ce merveilleux tableau que je vous ai concocté ? C'est assez simple : après avoir palpé le bréchet, situez-vous sur l'échelle de palpation (d'après les petits dessins) et identifiez la forme qui vous semble la plus proche de ce que vous avez senti. Habituellement, le test du bréchet "basique" s'arrête là.


Il se trouve qu'une poule (peu importe sa race), aura une masse corporelle variant en fonction des saisons : elle sera légèrement plus grasse l'hiver, puis maigrira tout au long de l'été pour supporter la chaleur.


D'autre part, une poule ayant vécu plusieurs hivers (adulte ou âgée) va progressivement gagner du poids et du muscle (elle va un peu s'empâter), une jeune poule sera en revanche peu musclée, ce qui est parfaitement naturel. Vous aurez donc ici une échelle pondérée de la masse musculaire en fonction de ces facteurs.


12. Poser une perfusion à une poule.

Ce qu'on va voir ici concernera "simplement" la manipulation de la poule, c'est la partie la plus ardue de la perfusion : préparer la poule et trouver la veine.

La première étape sera de choisir où se fera la perfusion : vous aurez 3 options: 


La veine jugulaire droite, c'est la plus grosse veine, située dans le cou mais pas forcément visible. La veine du coté droit est plus développée que celle de gauche. La couleur de la peau, l'âge et l'individu varient énormément, et comme pour les humains, la veine sera plus ou moins apparente.


La seconde est la veine de la patte, c'est la plus facilement accessible, mais elle est aussi plus fine. La patte de poule étant écailleuse et opaque, il est assez difficile de la voir (parfois on ne voit même rien du tout) mais elle est assez facile à situer.


La 3ème sera la veine située dans le pli de l'aile est encore plus fine, mais on peut la voir aisément car cet endroit n'est pas trop recouvert de plumes.

Le choix va se faire d'abord en fonction de ce que vous pourrez arriver à voir. Sur certaines poules ce sera simple, sur d'autres, un véritable chemin de croix. Si par chance vous avez le choix, prenez la plus facile. Si la poule est agitée et que vous avez le choix, la patte sera l'endroit le plus sûr.


La seconde étape sera de dégager la zone en coupant les plumes sur une surface d'environ 5cm sur 5  pour désinfecter la peau. Cette asepsie se fera successivement 3 fois avec du matériel stérile (pinces, compresses, gants) et de la bétadine


La 3e étape sera la pose du cathéter. Cette opération doit être effectuée par 2 personnes. La première maintiendra la poule parfaitement immobile et la seconde fera la petite piqûre. L'aiguille doit être coté piquant vers le bas, coté biseauté vers le haut quasiment parallèle à la veine avec un petit angle de 30°. L'aiguille sera entrée vers le cœur, donc vers le haut pour une patte et vers le bas pour une jugulaire.


Les perfusions ou les prélèvements en intra-veineuse sont des gestes élémentaires pratiqués chaque minute dans tous les laboratoires. La difficulté est qu'une poule a des veines fines et fragiles, et que le praticien... à savoir, vous, est assez peu expérimenté, voire... "pas expérimenté du tout". L'opération n'est pas douloureuse, mais elle sera sans doute stressante pour vous. Restez calmes, dites-vous qu'une fois le cathéter en place, le reste sera enfantin. Si l'aiguille est dans la veine, un peu de sang commencera à s'écouler. Cela signifiera que vous avez réussi.


Si vous en êtes là, c'est que vous n'avez ni vétérinaire, ni infirmière, ni laborantin(e) pour le faire, mais que la poulette, elle... doit être impérativement perfusée si vous voulez qu'elle survive. On est donc dans une situation où vous pourrez difficilement vous trouver une alternative. Je sais bien que c'est peu réjouissant, mais ça peut arriver.

(voir aussi : hydratation et perfusion, pour le protocole et le détail de l'opération)


13. Faire une inhalation à une poule

De nombreuses maladies respiratoires peuvent être soignées ou soulagées avec des inhalations. Il s'agit simplement de mettre la ou les plantes dans de l'eau bouillante et de laisser la poule inhaler la vapeur d'eau. L'inhalation d'huile essentielle se fera toujours à froid avec un diffuseur (les huiles essentielles).


Comme la poule sera rarement d'accord pour coopérer lors de cette manipulation, vous devrez l'enfermer : dans une caisse grillagée, une boite de transport, un coffre de rangement en plastique percé de nombreux trous... La caisse doit juste laisser entrer un maximum d'air et ne pas permettre à la poule de sortir.


Mettez la casserole avec les plantes ou le diffuseur d'huiles essentielles à coté de la caisse et recouvrez le tout d'un drap ou d'une serviette. Comme pour tout geste médical vous veillerez à respecter les posologies relatives à la maladie traitée : le temps d'inhalation (en général 5 ou 10mn) et le dosage des herbes par litre d'eau.


14. Prendre la température d'une poule.

La température d'une poule peut être symptomatique de certaines pathologies, il est alors indispensable de suivre cette température pour connaître l'évolution de la maladie. Elle peut également être utile par grand froid ou canicule pour vérifier un éventuel coup de chaleur ou une hypothermie.


Vous aurez dans ce cas 2 possibilités : la température interne, prise dans le cloaque avec un thermomètre classique, ou la température extérieure prise au niveau de la joue (là ou il n'y a pas de plume) avec un thermomètre frontal.


Pour prendre correctement une mesure extérieure, faites-le au moins 3 fois et gardez la valeur médiane. Notez qu'un thermomètre frontal coûte peu cher ( autour de 5/10€) et évite beaucoup de stress à la poule qui déteste qu'on lui prenne la température au cloaque.



15.Pose d'une attelle.

Bien qu'excessivement rares, les fractures (principalement des pattes) peuvent parfois toucher les poules, en général suite à une mauvaise manipulation (en attrapant des poules par les pattes) ou suite à un accident. La poule boitera, se tiendra sur une seule patte et ne pourra plus bouger les doigts.


La pose d'une attelle n'est pas du tout compliquée. Si on veut éviter des séquelles à la poule, il faudra cependant être méticuleux pour remettre en place la patte blessée afin que l'os se consolide correctement. L'attelle devra être coudée pour respecter la morphologie de la poule. Il sera préférable d'être deux pour procéder à l'opération afin de fin maintenir la poule.


On peut utiliser une lame d'aluminium, de métal ou de plastique rigide entouré de mousse, de bande ou de sparadrap pour obtenir deux supports coudés qui seront mis de part et d'autre de la patte. Pour les doigts, une ou plusieurs tiges rigides coupées à la bonne longueur (cure-dent, bâton de coton tige...)


Crédits photos : bitchinchickens.com


L'attelle "Schroeder-Thomas" est une attelle évoluée destinée à assurer le maintien et à éviter les séquelles dues à une mauvaise reformation de l'os. Elle se compose d'une longue barre en une ou deux parties posée sur le coté de la patte, et qui va épouser la forme articulaire et maintenir une tension sur l'os.

Une fois en place, l'attelle doit être entourée de sparadrap et de bandage auto-adhésif sans compresser, mais tout en maintenant une parfaite rigidité.

Il existe également des supports médicaux permettant de garder la poule en station debout, après consolidation de fracture (ici), ou à fabriquer soi-même (ici). Ces chaises évitent à la poule de rester couchée et immobile, ce qui peut aussi entraîner des lésions supplémentaires.


La convalescence d'une fracture est rapide : 2 à 4 semaines. Pendant, ce temps, il est conseillé de maintenir la poule à l'écart pour lui éviter de suivre les autres et de se déplacer.


16. Bain de ponte interne

Le symptôme est assez facile à identifier : la poule est immobilisée, cherche à pondre mais n'y arrive pas. Elle reste prostrée, marche en pingouin ou le cloaque au ras du sol, ne s'alimente plus, son ventre est gonflé et ferme, on peut éventuellement sentir l'œuf à la palpation.


Vous êtes en présence d'une ponte interne, autrement dit, d'une urgence médicale nécessitant une intervention vétérinaire. Vous pouvez néanmoins intervenir, si vous identifiez le problème dès le premier jour :


1- En administrant du calcium liquide (si vous avez pris soin d'en avoir mis dans votre trousse de secours avant) : calcivet, calcimax, Avianvet... ou tout autre produit contenant si possible de la vitamine D3 pour favoriser l'assimilation du calcium.


2- En tentant de baigner la poule pendant 30 minutes dans de l'eau tiède/chaude (environ 30-35°) et en massant très doucement l'abdomen vers le cloaque, lubrifier celui-ci d'huile de paraffine, de vaseline (ou d'huile alimentaire si vous n'avez rien d'autre). Bien entendu il ne faut, en aucun cas, casser l'œuf coincé dans l'oviducte. La poule doit être séchée après l'opération (serviette et sèche-cheveu à distance).


Vous pouvez répéter l'opération 2 ou 3 fois au cours de cette 1ère journée. S'il n'y a aucun résultat, la consultation devra intervenir dans les 24h. L'espérance de vie de la poulette ne dépassera pas 48h.



17.Test d'hydratation


Dès qu'une poule est immobilisée et incapable de s'abreuver et de se nourrir, elle a plus de chance de mourir des suite de déshydratation que de sa maladie initiale.

Savoir réaliser un test d'hydratation est absolument primordial.


Il faut toujours peser une poule qui ne peut plus boire ou s'alimenter (matin et soir) pour suivre son état de santé. Elle va essentiellement perdre de l'eau, donc du poids. Une baisse de 100g pour une poule de 2kg, est estimée à une déshydratation de 5%, une baisse de 200g donc de 10% est considérée comme critique. (vous vous méfierez néanmoins des mesures très imprécises des pèse-personnes.) En plus de ces pesées, vous pourrez effectuer deux tests :

 


1.Le test de pli de la peau. Une peau hydratée se remet en place immédiatement. Prenez la poule dans vos bras ou posez là sur vos genoux en la renversant sur le coté (voir chapitre 5). Pincez et tirez très légèrement la peau au niveau de l'abdomen (là où il y a peu de plumes). Elle reprendra sa place immédiatement.

Si ce n'est pas le cas votre poule est déshydratée. Vous devez hydrater intensivement la poule à la seringue ( toutes les heures au moins 10ml) et surveiller sa déshydratation en renouvelant ce test.


2. Test de présence de fausses membranes : réalisé en ouvrant le bec de la poule (voir chapitre 6). Vérifiez aussi si les yeux sont ternes, opaques et secs (= poule déshydratée) ou s'ils sont brillants ( = poule encore hydratée). Si vous voyez ces fausses membranes, que la peau ne se rétracte plus et que l'œil est terne, la déshydratation a atteint un stade critique : vous devez consulter d'urgence ou perfuser la poule.


Si la poule commence à avoir des nausées et des diarrhées après ces 2 stades, elle mourra dans les prochaines heures si des soins appropriés (perfusion) ne lui ont pas été apportés.


18. Couper les plumes d'une aile.


Bien souvent les petits enclos familiaux ont des grilles de faible hauteur. Les poules ont un esprit aventureux et elles s'envoleront sans peine au dessus de clôture d'1m, voir même d'1m50.


Pour leur sécurité ou éviter des évasions aux conséquences néfastes pour leur santé (ou pour le potager du voisin), vous pouvez prendre la décision de couper quelques plumes d'une aile.


La poule pourra toujours voler, mais ne pourra plus s'élever à cette hauteur sans être déséquilibrée. Il est préférable de le faire quand les poules sont encore très jeunes.


La poule ne ressent aucune douleur sur les plumes. Une fois immobilisée, il s'agit simplement de déployer une des ailes, et de raccourcir 3 ou 4 des plus longues plumes, en veillant à ne surtout pas couper l'aile ou la peau bien entendu.


Si vous ne souhaitez pas raccourcir l'aile de vos poules, vous pouvez aussi opter pour un grillage plus haut et fixer des filets. ;-)


19. Nettoyages et soins divers.


Une poule n'a pas besoin d'être ni nettoyée, ni toilettée. Ces attentions lui causeront des problèmes de plumages ou de peau. Elle saura très bien s'occuper seule de son hygiène, si on lui laisse à disposition un bac à cendre (contenant cendres, sable, et un tout petit peu de terre de diatomée).


Pour l'hiver, on peut lui mettre de la graisse (vaseline ou graisse à traire) sur la crête et sur les pattes. Au printemps, de l'huile de cade des Cévennes (noire) sur les pattes repoussera les parasites.


Dans des cas très spécifiques, un nettoyage localisé sur la poule sera nécessaire pour effectuer un soin (pattes, cou, abdomen  dos...etc.). On dégrossit en général avec un savon doux et/ou légèrement antiseptique : savon de Marseille ou savon noir avec une brosse à dent et de l'eau tiède. Puis on rince et on sèche la poule au Sopalin.


Pour désinfecter l'endroit qu'on vient de nettoyer au savon, on procède ensuite à 3 passages avec des compresses stériles (avec gants stériles et pince) imbibées de Betadine ou de Dakin.


Une poule peut aussi présenter des écoulements des yeux, narines ou des oreilles, symptômes d'une maladie qu'il faudra identifier et soigner rapidement.(voir ici : symptômes respiratoires)


Il peut s'agir d'une simple poussière dans l'œil, ou si elle cligne des yeux souvent et éternue, d'une litière trop poussiéreuse (il faudra donc non pas changer la litière, mais changer le type de litière : voir ici) mais aussi de maladies virales ou bactériennes.


Ces écoulements peuvent être nettoyés très délicatement avec le coin d'une compresse et du sérum physiologique (surtout éviter les cotons-tiges). Nettoyer ces écoulements ne soignera pas la maladie, mais soulagera la poule et limitera son aggravation.


20. Euthanasie d'une poule

Mettre fin à la vie d'une poule doit aussi faire partie des gestes que vous pourrez être amenés à accomplir vous-même, dans une situation d'urgence ou en l'absence de vétérinaire.


La partie psychologique -donc la votre- est importante, car il est extrêmement difficile de se séparer d'un animal qu'on a vu grandir et auquel on s'est attaché. L'euthanasie arrive parfois au terme de longs soins pour tenter de la sauver, devoir -en plus- la mettre à mort, peut être ressenti comme une grande impuissance et un échec.


Ce n'est pas le cas. A ce stade, si vous avez fait tout ce qui était matériellement faisable, c'est qu'il n'y avait plus rien à faire.


En fait, nous savons tous que la vie des poules est brève, et qu'elles peuvent partir de manière très brusque, suite à un accident ou une maladie. Notre seule mission est de les rendre les plus heureuses possibles pendant leur vie, pas de les rendre immortelles.


L'euthanasie va donc s'imposer impérativement, pour le bien et le respect de l'animal quand ces trois conditions sont réunies :


  1. L'animal souffre visiblement et n'a plus l'usage de ses facultés primaires : boire, se nourrir et se déplacer seul.
  2. Il n'y a aucune issue possible au traitement, aucune amélioration de santé notable.
  3. Il n'existe aucun traitement ou aucune possibilité matérielle d'apporter des soins, autres que ceux qui ont déjà été délivrés.


La méthode médicale consiste à injecter un anesthésiant, puis des barbituriques (Pentobarbital sodique) à une dose létale. Notez que les barbituriques sont mortels mais pas indolores, ce qui explique l'anesthésie pour que l'animal ne souffre pas.


La méthode préconisée unanimement par toutes les sources pour un élevage domestique est la rupture des vertèbres cervicales par dislocation : la mort sera indolore et instantanée.


 

La dislocation consiste à bloquer fermement la poule contre son corps ou en la tenant par les pattes, à étirer le cou au maximum et à renverser la tête en arrière (et non à tordre le cou). Ce petit dessin extrait de préconisations professionnelles explique très bien le principe : il s'agit de séparer à la base de la tête, tout lien entre le crâne et la moelle épinière afin qu'aucune vertèbre ne soit attachée pour que la mort soit instantanée.

Le schéma ci-dessus décrit précisément où doit se disloquer la moelle épinière pour ne pas faire souffrir la poule.


La priorité absolue est de le faire proprement : n'allez pas expérimenter une méthode bizarre (étranglement, étouffement, empoisonnement... etc.). Ce sera plus long, certainement douloureux, ou vous devrez vous y reprendre à plusieurs fois ce qui sera encore pire.


Conclusion :

Pour finir sur une note plus joyeuse, la dernière manipulation sera la plus agréable mais elle est aussi nécessaire pour habituer vos poules à être manipulées et portées.

Il suffit de la prendre dans un bras, toujours en plaquant ses ailes, et de lui caresser le dessus du cou ou le dos. Les poules reconnaissent les voix, vous pouvez donc lui dire des trucs gentils.

Rien n'empêche de palper le bréchet, de vérifier dans les plumes la présence de parasites, de regarder si les yeux ne coulent pas et n'ont pas de sécrétions ou si rien d'anormal n'est apparent. Vous sentirez également s'il y a des blessures, des croûtes ou s'il y a une réaction de douleur. Vous combinerez ainsi l'utile et l'agréable.


Un câlin dure 1 ou 2mn, ou jusqu'à ce qu'elle se lasse... après la poule aura très envie de retrouver ses copines. Vous la relâcherez donc doucement comme indiqué au début de cet article.


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Crédits :

Photos : désolé d'avoir emprunté quelques photos sur d'autres sites, les illustrations de certains gestes étant parfois très rares.

Auteur : JT - Plumage

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